a - Des étudiants branchés

En ce sens, l’étude NetAdos menée par le CEFRIO (CEFRIO, 2004) permet un portrait rapide de la réalité actuelle chez les jeunes de 12 à 17 ans d’alors. Il est donc possible d’y apprendre entre autres que : 
  • Les jeunes Québécois sont de fervents utilisateurs d’Internet : 99% d’entre eux y ont eu accès au cours des six mois précédant l’enquête et 89% au cours de la semaine la précédant;
  • Les jeunes de 14-17 ans sont les champions du Net au Québec. En mars 2004, les deux groupes d’âge, 14-15 ans (89%) et 16-17 ans (90%) affichent ainsi les plus hauts pourcentages d’utilisation régulière;
  • Les jeunes du Québec sont très attachés à Internet : 59% d’entre eux déclarent que s’il leur était retiré, l’accès domestique au Net leur manquerait;
  • La grande majorité des adolescents (80%) confirment qu’Internet facilite « beaucoup » ou « assez » la réalisation de leurs travaux scolaires.
Sur une note plus récente, l’enquête Génération C (CEFRIO, 2009) précise l’utilisation d’Internet qu’en font les jeunes de 12 à 17 ans aujourd’hui :

Quand on divise les jeunes Québécois selon leur niveau d’utilisation d’Internet, on découvre que, en 2009, 43 % des 12-17 ans sont de « petits » utilisateurs (ils se branchent à Internet 10 heures ou moins chaque semaine), 32 % sont des utilisateurs « moyens » (ils le font de 11 à 20 heures), et 25 % sont de « grands » utilisateurs (ils sont en ligne 21 heures ou plus par semaine).

Cette même enquête (CEFRIO, 2009) décrit l’utilisation d’Internet que font les jeunes de 12 à 17 ans relativement à leurs études :

En fait, les deux tiers des « C » de 12 à 24 ans (63 %) se servent d’Internet trois heures ou plus par semaine dans le cadre de leurs études et le tiers (33 %) y recourt plus de six heures hebdomadairement. […] Pour 58 % des jeunes, Internet représente en fait une technologie qui les aide « beaucoup » dans la réalisation de leurs travaux scolaires. Cette proportion frôle la moitié (49 %) dans le cas des 12-17 ans et dépasse les deux tiers (69 %) dans le cas des « C » de 18 à 24 ans, c’est-à-dire ceux qui fréquentent surtout le cégep ou l’université.

Cette même enquête montrait par surcroît que les jeunes de 12 à 17 ans souhaiteraient que l’école, le cégep ou l’université jouent un rôle au niveau de :
  • Leur montrer à se familiariser avec de nouveaux logiciels dans une proportion de 38%;
  • Leur montrer comment mieux distinguer une source d’information fiable d’une autre, moins crédible dans une proportion de 36%;
  • Leur montrer à améliorer leur maîtrise de Google dans une proportion de 32%;
  • Leur montrer les lois relatives à Internet dans une proportion de 26%;
  • Leur parler davantage des dangers potentiels associés à l’utilisation d’Internet dans une proportion de 26%.
En ce sens, il est possible de conclure, que les étudiantes et étudiants du Cégep de l’Outaouais auront développé des habiletés TIC et de recherche d’informations bien différents de ceux des étudiantes et étudiants des années passées. Or, cette maîtrise paraît toute relative. En effet, comme le souligne De Ladurantaye (2008), si les étudiants ont développé des habiletés « usuelles » et qu’il n’est plus nécessaire de les convaincre de la pertinence d’utiliser ces outils d’information et de communication, il n’en demeure pas moins qu’il semble loin d’être acquis qu’ils maîtrisent de véritables habiletés informationnelles qui dépasseraient la simple utilisation personnelle des TIC. Il soutient en fait que : 

Il est essentiel que les élèves réalisent des recherches précises, respectent les droits d’auteur et questionnent la validité des sources d’information qu’ils utilisent. L’utilisation d’un logiciel de traitement de texte, non seulement pour saisir du texte, mais aussi pour se conformer à des règles de présentation et de mise en pages et la communication des informations en ayant recours à des supports modernes de communication deviennent des incontournables. (De Ladurantaye, 2008, p. 6-7)